Laurent Sahuquet, Directeur régional de la Banque de France a démarré la conférence économique de rentrée en réalisant un focus sur la situation internationale, fortement bouleversée par le conflit au Moyen-Orient. « On assiste actuellement au quatrième choc pétrolier, ce qui a forcément un impact sur la croissance et l’inflation » insiste-t-il. Les incertitudes découlant de cette situation freinent également la consommation et l’investissement. « Mais dans tous les sénarios que nous avons élaborés, l’inflation reste maîtrisée et il n’est pas prévu de période de récession » rassure Laurent Sahuquet.
Valérie Bour, Adjointe au Directeur régional de la Banque de France poursuit avec la présentation d’une enquête menée auprès de 1200 entreprises du Grand Est. Et les résultats sont encourageants : l’activité reste globalement positive dans l’industrie et les services, même si les chiffres sont en dessous des prévisions. Seul le secteur de la construction ne bénéficie pas d’une augmentation de son activité. Côté emploi, on note une belle dynamique dans les services, mais un léger recul dans l’industrie. « C’est au niveau de l’investissement qu’on observe le plus grand contraste : s’ils progressent fortement dans l’industrie, ils chutent dans la construction et les services » signale Valérie Bour.
Les dirigeants locaux témoignent
Et parce que les chiffres prennent tout leur sens lorsqu’ils sont confrontés au terrain, la matinée s’est poursuivie par une table ronde avec 4 dirigeants d’entreprises nord-alsaciennes : Martine Stoffel de la Chocolaterie Stoffel, Thierry Klotz de Trabet, Julien Guilleret de CAF Reichshoffen et Jean-Noël Hebting des Transports Hebting. Tous s’accordent sur l’importance de leurs équipes respectives, qui font preuve d’un grand savoir-faire, d’innovation et de résilience. « On a toujours résisté, on s'est toujours relevé ! » martèle Thierry Klotz. Pour ce dirigeant d’une entreprise spécialisée dans les travaux publics et la fabrication de matériaux routiers, il est également important de transmettre le savoir-faire et de former les futurs talents : « On a des jeunes extrêmement courageux et dynamiques qui ont trouvé leur voie chez nous » ajoute-t-il. Jean-Noël Hebting évoque, quant à lui, ses difficultés de recrutement dans un secteur toujours plus en demande. « Si l’on manque de chauffeurs, il y aura inévitablement un impact sur la production, la logistique, et in fine, la promesse client » prévient-il.
Pour Martine Stoffel, il est essentiel d’être à l’écoute des signaux faibles, de rester dans l’air du temps et surtout, de faire preuve d’anticipation. C’est en ce sens que sa chocolaterie a intégré une équipe entièrement dédiée à la cybersécurité, et a structuré l’utilisation de l’IA. « L’idée est d’en faire un allié et non une menace » complète-t-elle. Enfin, Julien Guilleret boucle la matinée sur une note plutôt positive : son activité ferroviaire est en pleine croissance ! « Il y a un véritable déport sur le transport collectif » se réjouit-il. L’entreprise a en effet intégré plus de 350 personnes en seulement un an et compte dans ses effectifs 71 apprentis. Seule ombre au tableau : la maîtrise des risques relatifs aux fournisseurs, qui nécessite, selon lui, une forte relocalisation.
Cette manifestation a été organisée par la Banque de France, la Communauté d’Agglomération de Haguenau, en partenariat avec RESILIAN (Réseau d’Industriels Innovants d’Alsace du Nord) et l’ADIRA.